La vie est confrontation, partage d"être. La connaissance est faite d'écoute.Développer mon humain à travers les pensées d'autrui...
L'assassin regarde sans remords le fantôme de la victime, non ses yeux. Il dit à ceux qui l'entourent:Ne me blâmez pas j'ai peur. J'ai tué parce que j'ai peur et je tuerai encore. Certains spectateurs, entraînés à préférer l'analyse psychologique aux fondements de la justice, disent: Il ne fait
que se défendre. D'autres, admiratifs du progrès sur l'éthique, disent: La justice n'est que ce qui déborde de la générosité de la force. A la victime de s'excuser auprès de son assassin du traumatisme qu'elle lui a causé!D'autres encore spécialistes de la distinction entre le réel et la vie, disent: Si un tel incident banal était survenu ailleurs que dans cette Terre Sainte, la victime aurait-elle acquis nom et célébrité? Allons donc réconforter celui qui a peur. Et alors qu'ils partent en procession de sympathie avec le tueur apeuré, des touristes étrangers , passant par là , leur demandent: Mais qu'elle est la faute de l'enfant? Ils leur répondent: Il grandira et fera peur au fils de l'assassin. Quelle est la faute de la femme? Ils répondent: Elle enfantera une mémoire. Quelle est la faute de l'arbre? Et ils disent: Un oiseau vert en sortira. Puis ils se mettent à scander: La peur non la justice, est le fondement du royaume. Le fantôme de la victime leur apparaît alors dans un ciel limpide, ils lui tirent dessus et, ne voyant pas une goutte de sang couler ...ils prennent peur!
Du poète palestinien Mahmoud Darwich