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La vie est confrontation, partage d"être. La connaissance est faite d'écoute.Développer mon humain à travers les pensées d'autrui...

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Mémoires (4)

... J'ai dit plus haut tout ce que désirait ma mère en fait de bonheur pour ses enfants, et les sacrifices qu'elle était prête à consentir pour cela, mais ce bonheur était tel que elle le concevait, selon ses goûts propres, ses conceptions et les moyens à employer pour parvenir à ce but. A cette mère assez possessive nous ne devions rien cacher car elle désirait que nous la considérions comme une grande soeur, compréhensive (elle l'était pour certaines choses) et évoluée. J'étais casanière, maman et ma soeur aimaient sortir. Je me souviens de ces corvées que représentait pour moi la promenade du dimanche soir. Nous allions traditionnellement écouter, devant le kiosque à musique, un concert donné par l'Harmonie municipale, puis nous faisions deux ou trois tours de boulevard. C'était l'habitude des périgourdins de descendre et de remonter la promenade ombragée du centre ville, appelée pompeusement boulevard, tandis que les orchestres de musiciens jouaient à la terrasse des cafés.
  Mais plus peut-être, je détestais les flons-flons et la foule des fêtes foraines qui se tenaient régulièrement dans chaque quartier de la ville et où l'on m'entraînait malgré moi. Pour ces sorties, mon père suivait volontiers ma mère. Il goûtait cette atmosphère bon enfant de réjouissances populaires. Pour le reste, il ne prenait, dans notre vie familiale, aucune initiative. C'était chez lui, une sorte de passivité qui se changea plus tard en servitude vis à vis de ma mère.

 De Marie Louise Roux
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