Après le 14 juillet nous partions chez ma grand-mère maternelle. Elle habitait en bordure d'une route peu fréquentée. Dans ma petite enfance elle avait marqué une nette différence pour ma soeur. Mais en grandissant, celle-ci montra une indépendance de caractère, un septicisme à l'égard des choses de la religion qui déplurent à ma grand-mère. J'étais plus docile et d'ailleurs j'aimais la compagnie des vieilles personnes. Le soir je m'asseyais près d'elle sur un banc que toutes les maisons du village alignaient le long de leur façade. Ma grand-mère sortait son chapelet de sa poche et m'invitait àréciter des prières. Je le faisais volontiers, cependant que ma soeur s'ébattait dans les prés. Mon oncle, "le tonton gâteau" nous amusait par le récit de contes qu'il inventait lui-même et dans lesquels il mettait en scène avec leurs habitudes et leur langage patoisant les animaux des bois de nos contrées. Pendant les vacances de Noël nous revenions avec mes parents, chez ma grand-mère. Je n'ai jamais vu, en ce temps là, d'arbre de Noël dans les maisons, tout au moins celles que je fréquentais.
De Marie Louise Roux