Durant les années de notre petite enfance nous placions, la veille de Noël, devant le foyer de la grande cheminée de la cuisine nos chaussures. Mais à 13, 14 ans il est clair que je ne croyais plus au père Noël. Par contre on nous amenait à la messe de minuit dans la vieille église romane du XII° siècle qui à cette occasion était pleine. Au retour, nous trouvions sur la table, un bon dîner de réveillon, arrosé de cidre. Dans ma famille nous ne buvions jamais de vin, de champagne, il était trop cher.
Nous passions également les deux jours de congé de Toussaint chez ma grand-mère. Les femmes du village et des hameaux voisins se rendaient à l'église, selon la tradition, les hommes attendaient à l'extérieur devant la porte. A la sortie, tous partaient en procession pour le cimetière, au son funèbre de la cloche. Ceci me rendait triste, d'autant que les femmes ce jour là s'habillaient de noir de la tête aux pieds. Ma grand-mère veuve depuis de longues années- je n'avais pas connu mon grand-père- se vêtait de sombre tout au long des jours et pour faire bonne mesure mettait sur le devant de son chapeau de soleil en paille noire, une énorme rosace d'étoffe de crêpe noire comme il se doit.
De Marie Louise Roux