De cette époque charnière qu'ai-je perçu dans mon Sud-Ouest natal? C'était dit-on, celle des années folles, du théâtre avec Copeau, Dullin, des ballets russes, des expositions...sans doute en parlait-on dans certains milieux de la ville, les regards tournés vers les lumières de la capitale. Mais pour mes compagnes et moi le temps s'inscrivait au long des colonnes du calendrier illustré que distribuait notre facteur, le 1° janvier.
C'était les jours de classe sans heurts, sans conflits entre élèves et enseignants et parents. Les vacances à la maison ou chez pépé et mémé à la campagne. Nos désirs étaient modestes. Enfance ou adolescence, notre esprit s'élançait vers le rêve, l'avenir un peu voilé et par cela même, mystérieux, attirant, que m'accrochait nulle binbeloterie de super marché. Nous lisions le "Grand Meaulnes", tandis que les parents vigilants, mais sans fièvres ni criailleries srutaient aussi l'avenir et rêvaient de promotions sociales mesurées. Enfin c'était, à la maison,comme à l'école le temps du respect des êtres et des choses familières et quotidiennes.
De Marie Louise Roux